FILTRES POUR CABINE DE PEINTURE
Secteurs
Secteurs

Lecture 10 minutes

Publié le : 09/02/2026
Par : Laëtitia Varrin-Doyer

Filtres pour cabine de peinture, notre guide complet

Dans toute cabine de peinture, la qualité de l’air est le premier garant d’un résultat irréprochable : tendu des vernis, aspect de surface, absence d’inclusions, conformité HSE, maîtrise des coûts de maintenance. Au cœur de cette performance, on trouve les filtres cabine de peinture—et plus largement l’ensemble du dispositif de filtration qui couvre la CTA (Centrale de Traitement d’Air), la cabine elle‑même (plafond et extraction), ainsi que les médias filtrants et consommables associés.

Ce guide complet vous accompagne pour comprendre les différences entre cabines de peinture liquide et cabines de peinture poudre, choisir les filtres adaptés à votre process, optimiser vos fréquences de remplacement, et éviter les erreurs courantes qui font grimper les coûts (surconsommation d’énergie, rebuts, pannes prématurées). Objectif : améliorer durablement votre qualité, votre productivité et votre conformité.

Peinture liquide vs peinture poudre : deux cabines, deux logiques de filtration

Cabines de peinture liquide

  • Process : application d’apprêt, base, vernis en phase solvantée ou hydrodiluable.
  • Enjeux de filtration :
    • Air soufflé ultra propre pour éviter poussières, fibres et pollens qui créent des “grains” ou “piqûres”.
    • Contrôle de surpulvérisation (overspray) : capture des particules humides pour protéger ventilateurs, gaines et échangeurs.
    • Sécurité : gestion des COV/solvants, prévention des risques d’explosion en zone ATEX, compatibilité matériaux.
  • Conséquences sur le choix des filtres cabine de peinture :
    • Plafond : préfiltres (souvent classes ePM1/ePM2,5) + filtres absolus (H13/H14 selon exigences de propreté).
    • Extraction : paintstop, filtres plissés, multicouches ou cartons labyrinthe pour piéger l’overspray liquide.
    • CTA : étagement progressif (préfiltre G4/M5 → filtres fins ePM1 → éventuellement HEPA).

Cabines de peinture poudre

  • Process : projection électrostatique de poudre thermodurcissable puis cuisson.
  • Enjeux de filtration :
    • Récupération de poudre : la poudre non déposée est précieuse et réutilisable.
    • Charge poussière élevée : filtres à forte capacité de rétention et décolmatage efficace (soufflage pulsé).
    • Propreté de l’air soufflé pour éviter des inclusions et assurer un dépôt homogène avant cuisson.
  • Conséquences sur le choix des filtres :
    • Extraction/récupération : cartouches de dépoussiérage polyester antistatiques avec décolmatage (pulse-jet).
    • Soufflage : préfiltres + filtres fins (ePM1) au plafond ; HEPA selon niveau d’exigence.
    • CTA : préfiltration robuste pour protéger ventilateurs et préserver la longévité des cartouches de récupération.

À retenir : en liquide, on cherche surtout la propreté d’air et la capture d’overspray collant ; en poudre, la priorité va à la récupération et au décolmatage avec une bonne propreté d’air soufflé.

Les filtres de CTA (Centrale de Traitement d’Air)

La CTA conditionne l’air soufflé dans la cabine : filtration, chauffage/rafraîchissement, parfois humidification/déshumidification. Sa filtration en étages est essentielle pour protéger l’installation et assurer un air soufflé constant.

Architecture type de filtration CTA

  1. Préfiltration (G4 / ISO Coarse → M5/M6 / ePM10)
    • Rôle : stopper les poussières grossières, insectes, pollens, fibres.
    • Format : panneaux ou poches courtes.
    • Bénéfice : protège les étages en aval, réduit l’encrassement, prolonge la durée de vie des filtres fins/absolus.
  2. Filtration fine (ePM2,5 – ePM1)
    • Rôle : bloquer les particules fines responsables des défauts d’aspect (micro-inclusions).
    • Format : filtres à poches haute efficacité, filtres compacts.
    • Bénéfice : stabilité de la ΔP (perte de charge), efficacité constante.
  3. Filtration absolue (HEPA H13/H14)selon besoins process
    • Rôle : garantir un air soufflé quasi exempt de particules (zones à très haute exigence : vernissage brillant, top-coat automobile, etc.).
    • Implantation : souvent au plafond de cabine plutôt qu’en CTA pour limiter recontamination entre CTA et cabine.

Critères de choix pour la CTA

  • Classe de filtration visée en cabine (ISO 14644, ou qualité d’aspect interne).
  • Perte de charge initiale et courbe d’encrassement pour dimensionner la soufflerie.
  • Compatibilité avec solvants et contraintes Atex (liquide).
  • Structure (poches soudées vs cousues, média synthétique vs fibre de verre), étanchéité (cadre, joints).
  • Énergie : filtres basse perte de charge = économies sur la ventilation.

Les filtres de la cabine : plafond (soufflage) et extraction

Plafond (soufflage)

  • Objectif : fournir un voile d’air propre et laminaire vers la zone peinture.
  • Types :
    • Médias plafond haute performance (ePM1) avec résine de rigidification et maille de diffusion, garantissant homogénéité du flux.
    • HEPA (H13/H14) sous cadres avec joint périphérique : pour les exigences extrêmes.
  • Bonnes pratiques :
    • Changer avant le seuil de ΔP recommandé pour éviter de casser la laminarité.
    • Vérifier l’étanchéité des cadres et joints (fuites = “points noirs” en qualité).
    • Cartographier les vitesses (anémométrie) après remplacement.

Extraction

  • Objectif : piéger l’overspray et protéger ventilateurs/gaines, tout en stabilisant le flux.
  • Peinture liquide :
    • Paintstop / médias fibreux (fibre de verre ou synthétique) : fort pouvoir de rétention, progression de densité.
    • Carton plissé : capture inertielle, très économique, souvent combiné avec média secondaire.
    • Filtres à poches en extraction : pour charges élevées et longévité accrue.
  • Peinture poudre :
    • Cartouches de dépoussiérage polyester antistatiques (souvent 170 ou 250 g/m²  avec décolmatage par air comprimé.
    • Filtres compacts en amont ; parfois post-filtres HEPA pour rejets très propres.
  • Bonnes pratiques :
    • Respecter le sens de montage (média progressif).
    • Surveiller la ΔP : une extraction trop chargée modifie les vitesses, augmente la recirculation de poussières et l’overspray en suspension.
    • Adapter le type de filtre à la viscosité/charge solide des produits (lourds vs légers).

Les médias filtrants : le “consommable” qui fait la différence

Les médias filtrants est une partie intégrante de chaque filtre de préfiltration, en plafond, et à l’extraction.

Les media filtrants les plus courants

  • Fibres synthétiques progressives (polyester, polypropylène) : robustes, imputrescibles, bonnes performances en préfiltration et extraction liquide.
  • Fibre de verre : excellente capacité de charge et résistance thermique ; utilisé en paintstop et parfois plafond.
  • Médias spéciaux :
    • Antistatiques (poudre) pour éviter accumulation de charges.
    • Hydrophobes/hydrophiles selon le comportement souhaité.
    • Traitements résinés pour rigidité et tenue de forme au plafond.

Points clés de sélection

  • Classe ISO visée (ePM10/ePM2,5/ePM1, HEPA classe EN).
  • Capacité de charge et montée en pression : privilégier des médias à gradient (progression de densité).
  • Température et compatibilité chimique (solvants, agents de nettoyage, cuisson).
  • Mise en œuvre : épaisseur, rigidité, facilité de découpe et de pose, sens de montage.
  • Coût global (Total Cost of Ownership) : prix du média + énergie + main d’œuvre + rebuts qualité.

Comment choisir vos filtres cabine de peinture : méthode rapide

  1. Cartographier votre process
    • Type : liquide (solvant/hydro) ou poudre.
    • Étapes : apprêt, base, vernis ; ou poudre mono-couche/multi-couches.
    • Exigence qualité finale (aspect brillant, classe de propreté).
  2. Fixer la classe d’air soufflé
    • ePM1 avec ou sans HEPA au plafond, selon vos défauts observés (grains, piqûres, inclusions).
    • Valider le débit et la laminarité requis.
  3. Définir la stratégie d’extraction
    • Liquide : combinaison carton + média secondaire ou média fibreux à haute charge.
    • Poudre : cartouches décolmattables + éventuel post-filtre.
  4. Dimensionner la CTA
    • Chaînage de préfiltre → filtre fin → (HEPA si besoin en CTA).
    • Choisir des médias basse perte de charge pour réduire l’énergie.
  5. Planifier la maintenance
    • Installer des manomètres différentiels sur chaque étage.
    • Définir des seuils ΔP de changement (ex. 250–450 Pa selon médias).
    • Tenir un registre (date, ΔP, défauts qualité observés, consommation).

Fréquences de remplacement et indicateurs de performance

  • Plafond soufflage :
    • Changer dès que la ΔP dépasse le seuil recommandé OU si pertes de laminarité (mesures de vitesses) OU si hausse des défauts d’aspect.
    • Visuel : jaunissement important, zones chargées, odeurs persistantes.
  • Extraction :
    • Liquide : remplacement plus fréquent (charge collante). Pensez binôme carton + média pour allonger les cycles.
    • Poudre : suivre les cycles de décolmatage ; si ΔP ne redescend plus correctement, cartouches en fin de vie.
  • CTA :
    • Préfiltres : cycles courts (1–3 mois selon environnement).
    • Fins/compacts : 3–9 mois ; ajuster selon ΔP et saisonnalité.
    • HEPA : durée de vie longue si amont bien protégé ; vérifier étanchéité et faire des tests d’intégrité si requis.
  • KPI à suivre :
    • ΔP par étage, défauts qualité (taux de retouche), consommation énergie ventilateurs, débit/velocité en cabine, taux de récupération poudre.

Les filtres cabine de peinture sont bien plus qu’un consommable : ils déterminent votre qualité d’application, votre stabilité de process, vos coûts énergétiques et la longévité de vos équipements. En peinture liquide, l’accent est mis sur la propreté d’air soufflé et la bonne capture de l’overspray ; en peinture poudre, sur la récupération et le décolmatage tout en garantissant un air soufflé propre.
En structurant votre stratégie autour des filtres de CTA, des filtres de cabine (plafond/extraction) et des médias filtrants adaptés, vous sécurisez vos objectifs : moins de défauts, moins d’arrêts, moins d’énergie, plus de productivité.

 

Pour un accompagnement personnalisé dans le choix de vos filtres, n’hésitez à nous contacter.

Questions fréquentes sur les filtres cabine de peinture

Quelle est la différence entre ePM1, ePM2,5 et HEPA ?

  • ePM1/ePM2,5 (norme ISO 16890) : efficacité sur particules fines (1 µm / 2,5 µm).
  • HEPA (EN 1822) : très haute efficacité (H13 > 99,95 %), souvent utilisé au plafond pour des finitions haut de gamme.

Peut-on recycler la poudre captée ?

Oui, si la cabine est conçue pour la récupération (cartouches + décolmatage, cyclone). Il faut contrôler la propreté et éviter les mélanges de teintes.

Pourquoi mon débit chute après changement de filtres ?

Vérifier le sens de pose, l’étanchéité, la ΔP initiale (peut être supérieure au modèle précédent), et recalibrer le ventilateur si nécessaire.

 

 

Partager l'article

Vous trouverez également dans la même catégorie 
Air respirable pour cabine de peinture : comment filtrer efficacement l’air et capturer la poussière ?
02.02.2026
Filtres HEPA, EPA et ULPA : comment choisir la solution adaptée à vos besoins industriels ?
02.02.2026
Solutions de filtration : nos filtres à air pour systèmes CVC industriels
30.12.2025
FISA FILTRATION déménage !
08.04.2025
Air respirable pour cabine de peinture : comment filtrer efficacement l’air et capturer la poussière ?
02.02.2026
Filtres HEPA, EPA et ULPA : comment choisir la solution adaptée à vos besoins industriels ?
02.02.2026
Solutions de filtration : nos filtres à air pour systèmes CVC industriels
30.12.2025
FISA FILTRATION déménage !
08.04.2025